Ferme de la Pironnais : de la Charolaise durable


Jacky et Claudine Gesbert sont installés au lieu-dit La Pironnais à Andel.

En1986, Jacky s'installe en reprenant le troupeau familial. En 1992, la vente directe commence avec des colis. En 2002, c'est Claudine qui s'installe sur la ferme et va développer la vente directe.

 

Pancarte La Pironnais


Le troupeau est constitué de 62 vaches allaitantes et de la suite c'est à dire une soixantaine de veaux, une cinquantaine d'individus âgés de un à deux ans, vingt-cinq génisses de deux à trois ans et d'un taureau adulte. En tout, cela fait un joli troupeau de 200 têtes.

Une partie des veaux (10 par an) sont abattus en veaux de lait à 3 mois.

Les vaches sont sélectionnées en fonction de la qualité du veau produit et de la facilité de vêlage. Si une vache a une césarienne, elle n'est pas gardée. En effet, il y a souvent des problèmes de fécondité suite à la césarienne. Les vaches sont réformées vers l'âge de 12-13 ans.

En ce qui concerne les génisses, la moitié sert en reproduction au renouvellement, l'autre moitié part à la vente directe.

Certains taurillons sont vendus comme reproducteurs et vont dans d'autres élevages.

 

Troupeau de vaches avec leurs veaux

Troupeau de vaches avec leurs veaux

 

L'alimentation du troupeau


Mise à part les veaux de lait, les veaux mâles et femelles sont élevés sous la mère jusqu'à 9 mois. Les petits veaux tètent le colostrum qui est très important pour l'immunité. Toute l'immunité du veau est dans le colostrum contrairement à l'homme où les anticorps passent au niveau du placenta. Du coup, les petits veaux sont bien en forme et aucun vaccin contre les diarrhées ne leur est nécessaireVache avec son veauVache avec son veau

 

           Les naissances ont lieu en octobre novembre décembre. Les inséminations sont plus aisées lorsque les vaches sont rentrées dans les bâtiments. Cela laisse trois mois pour les inséminations. A la mise à l'herbe, en mars-avril, c'est le taureau qui est chargé «de finir le travail» pour les vaches dont l'insémination n'a pas fonctionné. Un autre avantage de la naissance précoce des veaux est qu'ils ont moins de diarrhées et moins de problèmes pulmonaires.

Quelques vaches sont désaisonnées pour avoir des veaux de lait.

Au sevrage à 9 mois, les veaux sont nourris de foin et d'ensilage d'herbe et de maïs.

Les génisses après le vêlage, ont de l'ensilage de maïs et 1 kg de blé aplati.

A partir du 2ème vêlage, les vaches ont de l'ensilage d'herbe, du foin et 1 kg de blé.

Les génisses sont nourries d'ensilage d'herbe et de foin

Les mâles reçoivent de l'ensilage de maïs qui est plus riche parce qu'ils partent plus jeunes (aux alentours de 18 mois) et ont un potentiel de croissance plus important. Ils ont également de la luzerne déshydratée et du foin.

 

Taurillons en stabulation

 Taurillons en stabulation

Les génisses de la vente directe ont de la luzerne, du foin et de l'ensilage d'herbe. Elles n'ont pas de blé car cet aliment fait faire trop de croissance. La luzerne apporte une belle couleur à la viande.

L'ensilage d'herbe coûte plus cher que le foin mais permet plus de souplesse dans la récolte en fonction de la météo.


L'assolement et l'engagement dans une MAE

Sur 70 ha, 58 ha sont en herbe, 5,2 en maïs, 5,2 en blé et 2 ha en mélange céréalier (avoine, triticale, pois).

Le mélange céréalier est utilisé lorsqu'il n'y a plus d'ensilage de maïs. Il a l'avantage de ne pas être cher et la semence est produite à la ferme (sauf le pois qui est acheté). Ce mélange céréalier ne reçoit ni traitement ni engrais. Il est implanté après une pâture et est récolté en ensilage et lui fait suite une pâture.

L'ensilage d'herbe manque de fibres d'où des rations moitié foin moitié ensilage d'herbe.


Depuis 2008, l'exploitation est engagée dans une mesure agri-environnementale (MAE) SFEI pour Système Fourrager Économe en Intrants. Dans ce cadre, l'apport en azote organique doit être inférieur à 140 u/ha. La Pironnais est à 125 unités d'azote (N) organique/ha, et le total Norganique+Nminéral (engrais) doit être inférieur à 170 kg N/ha, la Pironnais est à 148 uN/ha, il y a de la marge !

De plus, l'apport d'azote minéral est très réglementé : 100 uN maximum sur céréales d'hiver (à la Pironnais, on n'en met que 70), 30 uN maximum sur prairies (à la Pironnais on en met que 20)

Une autre contrainte est que 55% de la Surface Agricole Utile (SAU) doit être en herbe. La Pironnais est à 83% ! La surface fourragère principale (SFP) doit être à 75% en herbe. La Pironnais a 90% de la SFP en herbe ! Et le maïs doit représenter moins de 18% de la SFP. Il en représente 8% à La Pironnais !

Autre contrainte, tous les traitements pesticides doivent être effectués au 2/3 de la dose recommandée. Sur céréales, un seul passage de fongicide est autorisé. Le désherbage est effectué avec un seul passage. Sur maïs, le désherbage est fait en deux passages avec un tiers de la dose.

Le désherbage en plein est interdit sur prairies. Seul le désherbage ponctuel localisé au pulvérisateur à dos est autorisé.

Comme apport, les prairies reçoivent le fumier qui a été mis à décomposer dehors pendant six mois. Le mäis quant à lui reçoit le fumier en avril. Sur prairies de plus de 3 ans, il y a interdiction de lisier et de fumier.

La MAE SFEI impose un niveau maximum d'achat de concentrés de 800 kg de concentrés/UGB (unité gros bovin). La ferme de la Pironnais fait encore mieux puisqu'elle n'achète pas de concentrés. Le seul achat est celui de la luzerne déshydratée (30t sous forme de bouchons) qui n'est pas considéré un concentré (un concentré est tout aliment complémentaire des fourrages ayant une forte valeur énergétique >0,8 unité fourragère /kg de matière sèche, or la luzerne est à 0,6 UFL/kg MS).

Avant la MAE SFEI, la ferme de la Pironnais était engagée depuis 5 ans déjà dans un CTE (contrat territorial d'exploitation) environnemental qui était encore plus contraignant et fondé sur la reconnaissance des fonctions multiples de l'agriculture : fonctions économique, sociale et environnementale.


En plus d'être une exploitation en agriculture durable, les animaux de Jacky et Claudine ont un niveau très élevé en génétique. Certains taureaux ont été pris par un centre d'insémination ex: Ramsès bien côté, vêlage facile 6ème au niveau français. Des semences de l'élevage sont même exportées en Australie (et dans quelques autres pays). Un taureau a même été vendu à un agriculteur bio.

 

Jacky avec Jason

Jacky avec Velours, un taureau de haute valeur génétique

Les animaux sont abattus à l'abattoir de Montauban, découpés et conditionnés à la ferme. 40 à 45 % part à la vente directe, à peine la moitié. L'autre moitié (taurillons, vaches de réforme) sont vendus à Coopel Bovi (groupement de producteurs de commercialisation initié par André Pochon) à Corlay.


L'exploitation est adhérente au label Charolais qui n'est pas très contraignant.

En plus du cahier des charges SFEI, Jacky et Claudine se sont imposés une alimentation sans OGM et sans urée. Un autre point positif de l'exploitation est le nombre de kilomètres de haies implantés depuis 1988 : 5 km ! Ils ont même fait des semis de noisettes pour avoir des noisetiers à planter. Idem pour des chênes. Le tout a été planté à la main à la bêche.

 

jeune haie bon sens

 Une jeune haie de La Pironnais

 

Les Gesbert vont jusqu'à regarnir les vieilles haies (voir ci-dessous).

 

Regarnissage d'une haie


Être naisseur et faire de la vente directe n'est pas facile à concilier. Jacky et Claudine se définissent comme des paysans commerçants. A peu près une demi-carcasse par semaine est vendue, l'autre moitié est laissée à murir. Selon Claudine, il serait bien que les gens achètent un morceau noble et un morceau d'avant. A Voisins de Paniers, les consommateurs ont une grande liberté. Et pour Claudine et Jacky ce n'est pas facile de jongler avec les morceaux. Pour cela, une partie est congelée.


Les débouchés de Claudine et Jacky sont la superette du Gouray, le camion ambulant de Mme Raulo à Trédaniel, Voisins de Paniers, les cantines de Trédaniel et du Gouray, le collège Racine de St Brieuc, et les particuliers à la ferme.

 

Claudine devant sa boutique

 Claudine devant sa boutique à la ferme

 

           Claudine et Jacky attachent une grande importance à ne commercialiser que leurs animaux (nés et élevés par leurs soins) pour une garantie totale sur l'alimentation et la traçabilité.

Pour finir, Claudine nous propose un recette de Blanquette de veau que vous pouvez retrouver dans la partie recette du Blog.

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