Porc durable des Meslay à la Poterie Lamballe

 

Isabelle et Jacques Meslay sont installés depuis 1987 à la Ferme de la Mare à la Poterie, commune de Lamballe. Ils sont passés d'éleveurs industriels naisseurs engraisseurs de porcs à éleveurs engraisseurs de porcs sur litière avec transformation à la ferme. En effet, les porcs des Meslay sont élevés sur paille (litière accumulée) depuis 1999. Les porcs arrivent à l'âge de 2 mois et demi  et font 25 kg.

 

cochons sur paille 1R

Porcelets à leur arrivée

 

Ils sont engraissés pendant 4 mois pour atteindre 100 kg.

cochons sur paille 2R

Porcs sur paille à l'engraissement

 

cochons sur paille 3R

Porcs au dernier stade d'engraissement 

 

Ainsi, chaque mois, ce sont quarante porcs issus d'une ferme de Plessala (GAEC Sagory de la Bosse es renard) qui rejoignent la ferme de la Mare. La génétique de cet élevage contient du Duroc, race réputée pour la qualité de sa viande. Chez les Meslay, chaque porc dispose de plus d'1,6m²/porc (contre 1 m² en agriculture conventionnelle). L'aliment qu'ils consomment est produit à 80% sur la ferme et est composé d'un mélange de céréales. L'apport en protéines était fourni à raison de 20% dans la ration de tourteaux de colza, de tournesol et de soja non OGM. L'an passé, les protéines étaient fournies par du pois acheté localement dans les Côtes d'Armor et cette année sauf accident climatique, les protéines seront produites sur la ferme. En effet, pour cette année, l'assolement est le suivant : 3,5 ha de fèverole, 3,5 ha de pois, 6,5 ha de blé, 3,5 ha de triticale, 1,5 ha de mélange céréalier (triticale, avoine, pois, féverole) et 1 ha d'avoine.

 Jacques parmi la fèverole

 Jacques Meslay dans son champ de féverole

 

Fèverole gros plan

 Gros plan sur la féverole

 

Toutes ces caractéristiques de l'élevage font que l'exploitation des Meslay a obtenu l'identifiant Cohérence depuis 2005. L'identifiant Cohérence est attribué aux exploitations répondant au cahier des charges « Porc durable » dans une démarche de certification participative. Ce sont en effet, d'autres producteurs, des consommateurs, des responsables professionnels (comme le Président du Cedapa* par exemple) en présence de journalistes qui vérifient les différents points du cahier des charges. Les principaux critères rédhibitoires pour l'entrée dans la démarche « Cohérence » sont l'utilisation d'OGM, l'élevage sur caillebotis intégral (toléré la 1ère année en maternité), l'antibio-supplémentation et une charge azotée de plus de 140 unités d'azote produit et apporté/ha.

Pour revenir à l'exploitation des Meslay, ils sont à 46 unités d'azote organique/hectare. Concernant la conduite des cultures, ils n'utilisent aucun produit phytosanitaire du groupe 3 (c'est à dire très mobile et persistant), le traitement fongicide sur céréales est effectué si nécessaire en deux passages à la moitié de la dose homologuée, aucun régulateur de croissance n'est utilisé et aucun insecticide n'est utilisé. Le désherbage mécanique est privilégié, un rattrapage est possible avec un herbicide appliqué à la moitié de la dose homologuée.

Pour favoriser la diversité des cultures et répondre au cahier des charges, aucune culture ne revient plus de deux années consécutives sur la même parcelle et aucune culture n'est présente simultanément sur plus d'un tiers de la surface cultivée (voir assolement plus haut). Les semences utilisées sont bien sur sans OGM mais aussi dépourvues d'enrobage avec pesticide. Un autre critère du cahier des charges est le maintien ou la reconstruction du bocage. Chez les Meslay, on conserve et on entretient les haies. Un projet de plantation est en cours avec Lamballe Communauté. Pour revenir à l'élevage de porcs, à leur arrivée, les porcelets sont vermifugés pour prévenir les problèmes de trichures et de coccidies rencontrés sur paille. Ils sont traités par aromathérapie si besoin pour des problèmes de toux et des problèmes digestifs. Les antibiotiques ne sont utilisés qu'à titre curatif. D'un point de vue global, les soins vétérinaires se résument uniquement à la vermifugation.

Ainsi, ce sont 480 porcs par an pour deux actifs qui sont produits dont l'équivalent de 8 à 10 sont transformés et vendus directement à la ferme chaque semaine. La vente à Voisins de Paniers représente 20% du total. Continuons donc à savourer cette viande et cette charcuterie de «porc durable».

 

Jacques Isabelle boutique

 Jacques et Isabelle dans leur boutique à la ferme

 

Jacques Labo R

Jacques dans le laboratoire à la ferme

 

En Bretagne, seules 7 fermes sont certifiées «Cohérence» parce que l'identifiant Cohérence n'est valorisable qu'en vente directe et que peu d'éleveurs de porcs bretons souhaitent/peuvent devenir éleveur-transformateur-vendeur. En tant que consommateurs, souhaitons tout de même que plus d'éleveurs s'engagent dans la démarche et qu'il se crée une filière «porc durable»...

 

*Centre d'Etudes pour un Développement Agricole Plus Autonome

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